
« Les Fidji sont réputées pour être une équipe qui sait attaquer. Je veux que l’on soit aussi craint pour notre défense »

Le sélectionneur des Fidji, Osea Kolinisau, sait son équipe capable de ruiner un avantage de six points dans un match des HSBC SVNS Series, et par conséquent ses chances de remporter le tournoi. Il en a encore fait l’amère expérience à Vancouver le mois dernier.
« On était devant au moment où l’Afrique du Sud a écopé d’un carton rouge. On aurait dû tuer le match, mais il nous a échappé. On a commencé à jouer individuellement plutôt que collectivement », déplore Kolinisau à propos de cette demi-finale. Les Fidjiens menaient 5-0 et étaient assurés d’être en supériorité numérique jusqu’à la fin de la rencontre.
« On a voulu franchir trop rapidement. On a tenté des passes après contact qu’on n’aurait pas dû tenter. On a manqué de patience pour conclure. On a précipité les choses.
« Ce sont nos décisions qui ont causé notre perte. »
Cette dernière phrase veut tout dire. Ces mauvais choix ont coûté à l’équipe de Kolisinau une chance de disputer l’or à Vancouver, les Blitzboks ayant fini par remporter la demi-finale 12-10. Ce fut aussi le cas au Cap et à Perth, où les Fidji n’ont pas su transformer les promesses entrevues en succès final.
« On a gâché des occasions, perdu des matchs qui nous tendaient les bras. Il faut gagner en constance, ce qui nous a manqué dans notre façon de jouer », souligne Kolisinau avant le rendez-vous de Hong Kong. « Voilà, c’est ça, l’irrégularité. »
« La défense te fait gagner des tournois »
Identifier le problème est une chose, être capable d'aider ses joueurs à le résoudre en est une autre. Mais Kolinisau, qui entame sa première saison complète à la tête de l'équipe, après avoir été nommé en mars 2024, estime que lui et son équipe sont sur la bonne voie.
« Nous voulons que les gars s’investissent dans l'équipe et qu'ils aient confiance dans le processus que nous mettons en place », poursuit Kolinsau. « Nous voulons qu'ils sachent qu'ils peuvent faire confiance au plan même dans la difficulté. »
Une victoire à Dubaï, une médaille de bronze au Cap, une 4e place à Vancouver et une 5e place à Perth, ce ne sont pas des résultats si mauvais pour une équipe composée de nombreux jeunes joueurs, encore en phase d’apprentissage. Leur défense - un indicateur clé de la stratégie du sélectionneur - a été impressionnante.
« J’ai dit aux gars qu’on pouvait gagner des matchs grâce à l’attaque, mais c’est la défense qui fait gagner des tournois », assène Kolinisau. « Les Fidji sont réputées pour être une équipe qui sait attaquer. Je veux que l’on soit aussi craint pour notre défense ».
« C'est un point sur lequel nous voulons construire et être plus performants. On n'en est pas encore là. On est encore en train de consolider les fondations. »
L’exemple Ben Ryan
Le capitaine des champions olympiques 2016 n'a toutefois pas l'intention de négliger le fameux « Fiji way ».
« J'aime bien ce terme », a-t-il déclaré à propos de cette expression très répandue. « Il s'agit simplement de savoir que nous sommes différents. La façon dont nous voulons jouer, la façon dont je pense que le rugby devrait être joué... Je veux y revenir et l’améliorer. »
Pour ce faire, le joueur de 39 ans ne cherche pas plus loin que l'entraîneur qui l'a conduit, lui et ses coéquipiers, à la gloire à Rio de Janeiro il y a près de neuf ans.
« Je lui parle tout le temps », a déclaré Kolinisau à propos de l'Anglais Ben Ryan, qui était aux commandes lorsque les Fidji ont décroché leur première médaille d'or olympique, toutes disciplines confondues, en 2016. « J'ai la chance de l'avoir à mes côtés. Je l'appelle toujours quand j'ai une question. Il est toujours là, il répond toujours.
« Je serais heureux d’être un entraîneur deux fois moins bon que lui. »
La couronne est à la portée des Fidji
Kolinsau est bien parti pour. La médaille d'argent olympique obtenue l'été dernier est le fruit d'un travail remarquable de la part d'une équipe qui avait connu une baisse de régime sous la direction de l'ancien sélectionneur Ben Gollings. Puis, à Dubaï, début décembre, les Fidji ont mis fin à une série de 22 tournois sans victoire pour entamer la saison HSBC SVNS de la meilleure façon possible.
Les voilà maintenant à Hong Kong, où personne n’a plus gagné que l’équipe masculine des Fidji en 49 ans d’histoire. Ajoutez à cela le fait que Joji Nasova est le meilleur marqueur d'essais de la saison (16 pour le moment) et vous comprendrez pourquoi Kolinsau a le sourire.
« Au début de la saison, notre objectif était de gagner les HBSC SVNS series. J'ai dit aux garçons que l’on était en construction, mais que je voulais remporter le circuit. C'était notre objectif et ça l'est toujours », annonce Kolinsau. « Ces deux tournois (Hong Kong et Singapour) nous offrent l’occasion de frapper fort. Cela représente beaucoup pour nous. On peut s’inscrire dans les pas des légendes fidjiennes qui nous ont précédés. »