
HSBC SVNS : Les héros de Hong Kong n'ont pas tous soulevé des trophées ou porté une cape

Soulever des trophées ne perdra jamais de son attrait pour Sarah Hirini et Santiago Mare, les capitaines respectifs des équipes féminine de Nouvelle-Zélande et masculine d'Argentine. Tout comme à Vancouver lors du tour précédent, ils ont mené leurs pays à la victoire lors de l’étape du Cathay/HSBC Hong Kong Sevens.
Les Black Ferns Sevens ont pris deux points d'avance sur l'Australie au classement général et mènent désormais de huit points avant le tournoi de Singapour, le 6e de la saison, les 5 et 6 avril. Les Pumas, eux, sont en tête de 12 points devant les Fidji chez les hommes.
Le magnifique Kai Tak Stadium a accueilli 64 matchs sur trois jours, et si les commentaires des joueurs sur l'atmosphère du nouveau lieu constituent une indication, le nouveau foyer du Hong Kong Sevens est instantanément devenu un des lieux préférés du circuit.
L'ambiance festive de l'ancien South Stand du Hong Kong Stadium a survécu au déménagement de l'autre côté de la baie. Les tenues extravagantes étaient tout aussi spectaculaires, et la bonne humeur tout aussi forte.
Les Australiens dans les tribunes n'oublieront pas de sitôt Sidney Harvey, 19 ans, marquant devant eux l'essai de la victoire 22-21 à la dernière seconde contre les Fidji, synonyme de médaille de bronze. Le visage de Harvey combinait la joie et l’étonnement, illustrant parfaitement l'exaltation que procure le rugby à VII.
La défaite draine, elle aussi, son lot de moments mémorables. Alors que son équipe était menée par l’Australie de quatre essais, tous signés Maddison Levi, Taylor Perry a allongé le bras pour marquer son premier essai avec le Canada. Elle s'est ensuite relevée d'un bond pour célébrer avec sa coéquipière Carissa Norsten. Son équipe était encore menée de 11 points, mais peu importait. La joie d'avoir marqué pour son pays dans une compétition emblématique était palpable.
Vous pensez qu’un match pour la neuvième place ne génère pas de palpitations ? Demandez donc à l'équipe féminine de Chine. À égalité 19-19 avec la Grande-Bretagne à la fin du temps réglementaire, le match est allé en prolongations. La Chine avait déjà dû faire face à l'exclusion temporaire d'une joueuse dans chaque mi-temps et a dû défendre avec ses tripes en prolongations, de nouveau réduite à six joueuses.
Mais elles ont tenu bon, et lorsque Wang Wanyu a franchi la ligne britannique pour marquer dans le coin et offrir la victoire à son équipe, 24-19, cela a dû sembler aussi bon que de remporter le tournoi lui-même. Certaines joueuses chinoises ont pleuré, dans un mélange de joie et de fatigue après cet effort monumental.
Et que dire des pur-sang ce week-end ? Levi a battu un nouveau record en marquant 14 essais lors d'un seul tournoi à Hong Kong, et en a profité pour dépasser Charlotte Caslick au classement des meilleures marqueuses d'essais de tous les temps pour son pays (191). Elle possède toutes les qualités individuelles - vitesse, vision, équilibre, bravoure - et pourrait certainement exceller dans des sports individuels comme le sprint, mais la star australienne semble avant tout une joueuse d'équipe. Le rugby à VII peut s’estimer heureux de compter un tel talent dans ses rangs.
Thalia Costa du Brésil et la médaillée d'or Michaela Brake sont deux autres joueuses capables d'illuminer un stade par leur vitesse. La petite Brésilienne a battu la meilleure marqueuse d'essais de tous les temps à la course, alors que Brake fonçait vers l’en-but lors de la victoire 29-7 des Black Ferns en phase de poule. La foule s'est levée en voyant qui s'était lancée à la poursuite de Brake. Sans surprise, Brake a quand même fini par marquer un essai quelques instants plus tard.
Tant de petites scènes restent en mémoire de ce week-end : la joie authentique de Patrick Odongo Okong'o du Kenya courant ballon en main, les récupérations à une main et les passes après contact télescopiques des Fidjiens, les poteaux se colorant de vert après une transformation réussie, le ravissement des enfants se voyant sur les écrans géants du Kai Tak Stadium, le jeune Blitzbok Gino Cupido bondissant sur la pelouse, la fantastique feinte de passe d'Alejandro Laforga derrière la mêlée espagnole pour embrouiller les esprits britanniques.
Tous les joueurs n'ont pas eu la chance de soulever le trophée, mais les athlètes qui ont franchi la ligne blanche pour représenter leurs pays ont créé des souvenirs, de nouveaux souvenirs dans un nouveau stade, mais tout aussi précieux. Heureusement, il ne faut pas attendre longtemps avant de voir Singapour.